Brunch à Paris avec Marlette : une façon de redécouvrir la capitale sous un angle gourmand

Faire un brunch à Paris chez Marlette, c’est s’attabler dans l’un des deux cafés de la marque, à Pigalle ou à Montmartre, devant des pâtisseries bio faites maison, des œufs, des tartines et des jus pressés. Née sur l’Île de Ré en 2010, cette enseigne fondée par deux sœurs a transformé une envie de fait-maison en rendez-vous de week-end.
Deux sœurs, une île et une envie de vrai fait-maison
Tout commence sur l’Île de Ré. Margot et Scarlette, deux sœurs, préparent des gâteaux en famille pendant les vacances. Le nom Marlette naît de la fusion de leurs prénoms. En 2010, elles lancent une gamme de préparations pâtissières bio, pensées pour retrouver chez soi le goût du fait-maison sans additifs ni conservateurs.
Le choix des ingrédients raconte déjà l’histoire. Les farines et le sel proviennent de Charente-Maritime, leur région. Pour ce qui ne se cultive pas sur place, épices, chocolat, sucre, la marque se tourne vers le commerce équitable. Cette cohérence entre l’origine des produits et le discours reste rare dans l’univers de la pâtisserie industrielle.
Le succès des sachets a précédé celui des cafés. Avant d’ouvrir une adresse, Marlette s’est fait un nom dans les épiceries fines et les rayons bio, avec ses préparations pour marbré, cookies ou fondant. Le café est venu ensuite, comme une vitrine vivante : goûter sur place ce que les clients préparaient jusque-là chez eux, cuit par la maison qui avait inventé la recette.
C’est en 2014, au 51 rue des Martyrs, que le premier café ouvre ses portes à Pigalle. Le brunch Marlette à Paris y devient vite un rituel de quartier, servi toute la journée dans le prolongement direct des sachets vendus en boutique. Le même gâteau que vous prépariez chez vous se déguste ici, cuit sur place, entouré d’œufs brouillés et de café de spécialité.
Le mot brunch, avant d’être une mode parisienne
Le brunch n’a rien d’une invention récente. Le terme, contraction de breakfast et lunch, apparaît en 1895 sous la plume du Britannique Guy Beringer, dans un article vantant ce repas tardif du dimanche qui remplace deux services par un seul. L’idée met un siècle à traverser la Manche, puis s’installe dans les cafés parisiens au tournant des années 2000.
Chez Marlette, ce repas hybride retrouve son sens premier : prendre son temps. Pas de menu chronométré, pas de service unique. Vous vous installez, vous picorez, vous prolongez. Cette lenteur assumée tranche avec le rythme habituel de la capitale, et c’est précisément ce qui en fait une parenthèse.
Le format colle aussi à une envie plus large. Manger du sucré et du salé dans la même assiette, mélanger la tartine d’avocat et le marbré au chocolat, brouiller la frontière entre petit-déjeuner et déjeuner. Ce désordre gourmand séduit autant les Parisiens que les visiteurs de passage.
Deux quartiers, deux ambiances de brunch
Les deux cafés partagent la même carte mais pas la même atmosphère. Le choix entre les deux dépend surtout du Paris que vous voulez arpenter ce jour-là.
| Café | Adresse | Quartier | Esprit du lieu |
|---|---|---|---|
| Marlette Pigalle | 51 rue des Martyrs (9e) | Pigalle | Rue commerçante gourmande, animée, très locale |
| Marlette Montmartre | 45 rue des Abbesses (18e) | Montmartre | Butte pittoresque, ruelles et escaliers, ambiance village |
La rue des Martyrs mérite à elle seule le détour. Fromagers, chocolatiers, primeurs et cavistes s’y succèdent porte après porte. Bruncher ici, c’est prolonger la matinée par une balade de bouche, panier à la main, dans l’une des artères les plus gourmandes de la rive droite.
Côté Abbesses, l’expérience change de décor. Vous quittez la rue plate pour la butte, ses pavés et ses volées de marches. Le café devient un point de départ vers le Sacré-Cœur ou la place du Tertre, une pause avant l’ascension plutôt qu’une destination isolée. Redécouvrir Paris par ces deux quartiers, c’est troquer la carte des monuments contre celle des saveurs.
Ce que le bio change vraiment dans l’assiette
Un brunch se juge d’abord à ce qu’il y a dans l’assiette. Chez Marlette, la logique bio ne se limite pas à un argument affiché : elle structure la carte. Les pâtisseries maison, marbré, fondant au chocolat, cookies, financiers, scones, reprennent les recettes des préparations de la marque, cuites sur place le matin.
Le salé suit la même exigence. Tartines d’avocat, œufs, salades de saison et jus de fruits pressés à la commande composent la partie déjeuner. Les ingrédients de saison rappellent une évidence vite oubliée en ville : un produit brut de qualité n’a pas besoin d’artifice pour convaincre. Un jus pressé minute n’a rien à voir avec une brique de supermarché, et cette différence, la première gorgée la révèle.
Cette attention à la matière première rejoint une conviction déjà à l’œuvre sur les marchés de producteurs, où la fraîcheur prime sur la mise en scène. La différence de goût entre une farine bio de petit moulin et une farine standard se sent, exactement comme celle qui sépare un fromage fermier d’un produit industriel lors d’un week-end gourmand en région.
Pour repérer ces engagements sur les étiquettes, quelques repères suffisent :
- Le logo AB et l’eurofeuille garantissent une certification biologique contrôlée
- La mention de l’origine des matières premières signale un vrai travail de sourcing
- Une liste d’ingrédients courte, sans additif au code E, trahit une recette maison
Ces réflexes valent au café comme au supermarché. Savoir décrypter les labels et certifications évite de payer un marketing plutôt qu’un produit.
Redécouvrir la capitale par le ventre
Un brunch bien choisi devient un prétexte à l’exploration. Plutôt que d’enchaîner les sites touristiques, vous organisez votre journée autour de la table. Le café sert de camp de base, le quartier de terrain de jeu.
Depuis Pigalle, la rue des Martyrs vous conduit naturellement vers le sud, jusqu’aux grands magasins, ou vers le nord et les pentes de Montmartre. Depuis les Abbesses, la butte s’ouvre sur les vignes du Clos Montmartre et les panoramas sur la ville. Dans les deux cas, la marche digère le brunch et transforme un simple repas en demi-journée.
Ce Paris-là échappe aux files d’attente des grands sites. Vous croisez des habitants qui font leurs courses, des devantures d’artisans, des placettes sans car de touristes. La capitale change de visage dès que vous la parcourez par ses ventres de quartier plutôt que par sa carte postale. Un brunch gourmand devient alors le point d’entrée d’une géographie plus intime, faite d’odeurs de pain chaud et de terrasses discrètes.
Cette approche gourmande de la ville a un mérite : elle privilégie les commerces indépendants et les producteurs. Le même état d’esprit anime les circuits courts et les producteurs locaux, où l’achat direct soutient un savoir-faire plutôt qu’une chaîne logistique. Bruncher chez une enseigne qui fabrique ses gâteaux relève de la même démarche.
Bruncher malin : le mode d’emploi
Quelques repères évitent les faux pas. Le service en continu constitue le premier atout : nul besoin de viser un créneau précis, vous venez quand vous voulez. Reste à composer avec l’affluence des deux quartiers, très fréquentés le week-end.
- Horaire : avant midi ou après 14 h le samedi et le dimanche pour esquiver le pic
- Semaine : ambiance plus calme, idéale pour travailler ou lire tranquillement
- Budget : prévoyez un vrai repas, le brunch remplace petit-déjeuner et déjeuner
- Balade : gardez du temps après la table, le quartier fait partie de l’expérience
- Saison : la carte suit les produits, elle change au fil des mois
Côté transports, les deux adresses se rejoignent à pied en une dizaine de minutes. La station Abbesses dessert Montmartre, Pigalle et Saint-Georges encadrent la rue des Martyrs. Rien n’empêche de bruncher dans un café et de finir la journée dans l’autre quartier, en remontant tranquillement vers la butte.
Un dernier conseil : venez avec l’idée de flâner. Le brunch parisien n’a de sens que si vous lui accordez l’après-midi qui va avec. La précipitation gâche autant l’assiette que la promenade. Un café bien choisi ne se consomme pas, il se vit, à hauteur de trottoir, entre deux tasses et une part de gâteau.
Prolonger l’esprit Marlette chez soi
L’atout de la marque tient dans sa double vie. Ce que vous goûtez au café se reproduit à la maison, grâce aux préparations bio vendues en sachet. Le marbré, les cookies ou les scones passés à l’épreuve du brunch se refont dans votre cuisine en quelques minutes de préparation.
Cette continuité change la manière de recevoir. Un brunch maison le dimanche, avec des gâteaux qui sentent le fait-maison sans le temps qu’il exige, devient accessible. Une préparation, un saladier, un four : le rituel du café se rejoue sur la table familiale, sans additif ni compromis sur l’origine. Autour, il suffit d’ajouter des produits frais et de saison pour composer un panier équilibré qui complète le sucré par du salé nourrissant.
Le fil rouge reste le même du café à la cuisine : de bons ingrédients, une origine assumée, du temps pris ensemble. Prochaine étape : choisir votre quartier, réserver votre dimanche, et laisser le brunch décider de l’itinéraire. Paris se redécouvre très bien la fourchette à la main.